"Les Royaumes Cachés : Tome 1 : L'Ange Gardien" Extrait N°2

Publié le 15 Juin 2014

Bonjour à tous !

Sur un coup de tête, j'ai décidé de publier un extrait de mes livres chaque dimanche. Mais attention, je n'en publierai que cinq par livre ;)

Donc voici le deuxième extrait tiré du chapitre 2, quand Mélanie ne connaît rien de Mathias et quand celui-ci l'a déjà recueillie.

Enjoy !

Pendant les cours de maths, Mathias persistait dans ses pensées. Elle sortit donc un bloc-notes à feuilles lignées. Là-dedans se trouvaient quelques-uns de ses paysages ou personnages sortant de son imaginaire.
Elle tourna les pages rapidement, connaissant ses dessins par cœur, et se mit à faire le portrait de Mathias, espérant que ça l’aiderait à le sortir de sa tête. Elle mit en valeur son visage empli de mystères.
Elle prit quelques minutes pour réaliser ce portrait et signa « Mél D. ». Cette reproduction ressembla tellement à son modèle original qu’on aurait dit qu’elle avait décalqué sur une photo en y ajoutant des ombres.
Elle contempla son nouveau chef-d’œuvre, incertaine, étant persuadée que les parents de Mathias étaient des artistes, certes, cependant ce si beau minois cachait peut-être un diable.
Après quelques secondes de songes flous, Mélanie remarqua – en retenant sa respiration – qu’elle avait dessiné des cornes sortant du front du portait de Mathias.
Effrayée par son propre dessin, Mélanie ferma subitement son calepin, l’éloigna d’elle et se força à se remettre au travail, chassant ce gribouillage de ses pensées.
Les heures passaient, la jeune fille écoutait, notait, travaillait, rendait et corrigeait. Le temps passait vite, au soulagement de la plupart de ses camarades, mais à l’angoisse de celle-ci.
La sonnerie retentit et elle s’obligea à sortir. Elle mit son manteau, son écharpe, ses gants et son bonnet et sortit en alignant des pas de damnée.
Elle vit, au milieu de la cour, une ombre à la tête couverte par sa capuche et les mains enfouies dans les poches de son pull. Elle l’observa, se demandant s’il n’avait pas froid, pendant qu’il lui souriait d’un air accueillant.
Pendant qu’ils marchaient, elle racontait sa journée en bref, en affirmant que rien de spécial ne s’était passé. Ils marchaient sur les trottoirs sur lesquels la neige était ratissée.
La marche était longue, régulière et animée par un silence diabolique, lourd au point d’effondrer une montagne.
Mélanie portait sur Mathias – qui ne semblait rien remarquer – des regards curieux et suspicieux. Celui-ci alignait de longs et légers pas. Il avait l’air ailleurs, pensif ou rêveur.
Mais que voulait-il d’elle ? Pourquoi lui avoir sauvé la vie, pourquoi l’avoir éloignée de sa vie cauchemardesque ? Comment savait-il tout cela sur elle ? Un homme aussi mystérieux à l’extérieur qu’à l’intérieur l’interloquait au plus haut point.
Toutefois il l’avait aidée. Il avait pris soin d’elle et avait l’air aussi innocent qu’un agneau. Ce jeune homme de vingt ans solitaire et discret éveilla en elle de nombreux soupçons. Il était comme un grimoire vieux de plusieurs siècles aux écritures usées et illisibles qu’elle se sentait obligée de déchiffrer pour pouvoir le comprendre.
Elle sentit qu’elle ne tarderait guère à lui poser quelques questions.
Le Soleil se coucha et Mélanie pressa le pas pour arriver chez le garçon le plus vite que possible. Ils arrivèrent rapidement chez lui et elle sembla impatiente dans l’ascenseur.
Arrivés au quinzième étage, elle attendit sur le propriétaire qui déverrouilla calmement la porte. À peine entrée, elle se tourna vers lui.
– Mathias ?
Il ferma la porte et la verrouilla, avant de lui faire face, attentif et impassible.
– Suis-moi, s’il te plaît.
Elle se dirigea vers la chambre.
Le jeune homme pencha la tête sur le côté et fronça les sourcils, curieux par ce comportement subitement méfiant. Il soupira, finissant par comprendre qu’elle avait des doutes à son sujet.
Il la suivit donc, décontracté, mais au fond, il se mit dans la peau d’un personnage commun. Le personnage le moins effrayant ou douteux que possible.
Une fois dans la chambre, Mélanie se retourna et le défia du regard.
L’impassibilité de cet homme l’effraya. Elle sentit son cœur battre et sa respiration se limiter, alors que des sueurs froides lui parcouraient le dos. Une lourde boule de salive glissa péniblement le long de sa gorge.
Mélanie prit une grande inspiration, avant de mettre les choses au clair :
– Qui es-tu, Mathias ? Et cette fois, ne me rends pas inconsciente.
Celui-ci sourit avec amusement et écarta légèrement les bras.
– Regarde autour de toi. Je pense que l’abri d’un individu le définit.
Elle crut qu’elle allait craquer sous la pression irrespirable de l’angoisse.
– Ce n’est pas une réponse valable ! Comment sais-tu tout de moi ? demanda-t-elle en paniquant et en montant toujours plus la voix. Pourquoi m’as-tu sauvée, moi ? Et pourquoi ne me dis-tu rien ? D’où sors-tu ?!
– Du calme, je t’en prie, soupira-t-il.
– Non, je n’y arrive pas ! s’écria-t-elle.
– Pourquoi ?
Mélanie sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle finit par exploser.
– Parce que tu me fais peur !
Le jeune homme ne sut que répondre.
Mélanie soutint son regard contre son gré, sentant les larmes la menacer de couler.
Un silence pesant prit le relais. Ils se regardèrent pendant un long moment dans les yeux, l’un essayant péniblement de comprendre l’autre – en vain.
Mathias laissa ses poumons se dégonfler, détendant ses muscles et décrispant son corps tout entier. Des explications ne pouvaient plus être cachées plus longtemps.
Après un éternel moment d’hésitation, après ces quelques secondes qui semblaient aussi longues que des jours entiers, Mathias voulut élucider les mystères imposés à cette jeune fille.
Cependant, la porte sonna.

La suite ici

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Bien à vous,

Malika H.

Rédigé par Malika Hess

Publié dans #Extraits

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