"Mon Âme Vendue" Extrait N°3

Publié le 10 Août 2014

Salut à tous !

Pour fêter la fin du week-end, je vous offre le troisième extrait de "Mon Âme Vendue" !

Tiré du chapitre 15 ;)

Enjoy !

Je me retrouve assis au sommet du Rockefeller Center, une jambe pliée contre moi et servant d’accoudoir, tandis que l’autre se balance allègrement dans le vide. De là, je peux aisément voir l’Empire State Building et le Chrysler Building. Devant mon muret, il y a un sol carrelé de rouge et entouré d’une paroi vitrée avec ces jumelles pour touristes.
Sauf que là, ben… y’a personne.
Le ciel est voilé de nuages gris pâle et le vent m’enveloppe de ses voiles frais. Mes ailes se sont déjà rangées dans mon dos. Je n’entends plus rien. Juste le vent et le très lointain trafique new-yorkais.
Je reste là, dans la même position, pendant de nombreuses minutes. Je profite de ce calme qui m’est rarement accordé. Même moi qui ai causé des atrocités, j’ai droit à quelques minutes de repos, loin de tout. Déconnecté.
Du coup, mon téléphone vibre dans ma poche, me ressaisissant au passage. En le sortant et en regardant le nom du contact affiché, un intense frisson me parcourt le corps.
C’est à ce moment-là que dans ma tête, tout se chamboule.
La culpabilité et l’angoisse me saisissent. Mais qu’est-ce que j’ai fait ? Je me rends compte que la personne qui cherche à me joindre ne s’est jamais imaginé que je deviendrais comme ça. Lentement, j’appuie sur l’icône verte de l’écran et colle mon portable contre l’oreille.
– Allô ?
– Bonjour, Connor !
Je ferme lentement les yeux en souriant. Cette voix me rendra toujours serein, me relèvera toujours… cette allégresse est contagieuse, à tel point que finalement, je suis heureux de lui parler à nouveau.
– Bonjour, maman.
– Comment vas-tu ? Ça fait depuis longtemps que je ne t’ai pas revu !
– Oui, c’est vrai, il faudrait que je revienne te rendre visite. Je vais… (Je déglutis et reprends en souriant et en espérant qu’elle n’entende pas la musique du mensonge dans ma voix :) Je vais très bien, et toi ?
– Oui, Paris est toujours aussi belle ! Tu me manques beaucoup, mon lapin ! Je n’ai plus eu de tes nouvelles depuis les vacances d’été.
Depuis le décès de mon père, maman est retournée vivre à sa ville natale. J’avais insisté pour venir vivre à ses côtés, mais elle a catégoriquement refusé, insistant sur le fait que, comme je venais de trouver du travail, il était mieux que je reste et que je poursuive ma vie professionnelle. Et je vais chez elle chaque année à Noël, à Pâques et en été. Parfois, elle vient passer une semaine ou deux chez moi.
Mais qu’est-ce que je suis bête… avec l’argent que j’ai, je n’ai même pas pensé à en donner un peu à maman, elle qui a toujours rêvé d’avoir au moins un million en poche ! Je ferme lentement les yeux, culpabilisé, avant de reprendre avec un rictus :
– Oui, excuse-moi. J’avais beaucoup à faire et… mais ne t’en fais pas, tout va très bien.
– Je l’espère, en tout cas. Eh, dans un mois, Connor ! ajoute-t-elle avec joie. Dans plus d’un mois, c’est Noël !
Je hoche la tête, esquissant cette fois un sourire sincère.
– Oui, maman, c’est bientôt Noël.
– Tu viendras, pas vrai ?
– Bien sûr, comme tous les ans. Promis.
Je l’entends se ravir.
– Je me réjouis de te revoir, mon chéri. Bon, je vais te laisser, je voulais juste avoir de tes nouvelles ! Fais attention, d’accord ?
– Oui, ne t’en fais pas.
– Au revoir, Connor ! À bientôt !
– Bye, maman. Prend soin de toi.
– Je t’aime !
Je l’espère…
Ma gorge se noue et de la neige fige mon cœur. J’espère qu’elle m’aime, malgré tout ce que j’ai fait. Pour elle, je suis encore ce gamin qui rêve de devenir un astronaute pour conquérir la planète Mars. Pour elle, je suis encore cet ange, ce petit garçon innocent.
J’ai trahi ma mère. Au lieu d’être l’homme bon et à succès dont elle rêvait, je suis celui qui a retiré maintes vies. Si elle le savait, jamais elle ne me le pardonnerait…
En prenant discrètement une grande bouffée d’air, je ferme les yeux à nouveau. Je nage en plein remords.
– Moi aussi je t’aime.
– Bye bye !
Et elle raccroche.
Je garde l’appareil contre mon oreille, confus et bouleversé. Apparemment, elle n’est pas au courant de ce que je suis devenu. Mais si elle l’apprenait, ça la briserait. Ça lui gâcherait la vie, même.
Je range lentement mon téléphone à sa place, les sourcils froncés. J’aimerais tellement la rappeler, lui faire le récit de mes mésaventures et la supplier de me pardonner.
Je sens qu’Altaz me comprend, mais il se dépêche de me ressaisir :
– Tu sais, du moment que ta mère ne sait rien, c’est très bien ainsi. Pense à tous ceux qui t’ont abandonné. Finalement, en partant en France, elle t’a aussi délaissé.
Réalisant qu’il y a du juste en ses dires, je reprends mon sérieux. Comme si cette conversation téléphonique n’avait jamais eu lieu.
Comme si ma mère n’avait jamais plus existé depuis cet été.
– Connor ? J’ai une nouvelle mission pour toi ! me dit Altaz avec enthousiasme.
– Et quelle est-elle ? dis-je à haute voix.
– Il y aura un braquage de banque.
Le connaissant, je n’ai même pas besoin d’exiger la moindre explication supplémentaire. Je me mets donc debout sur mon petit lieu de paix et saute.

Le braquage ici !

Comment va se passer ce braquage ?

Eh bien, autant vous le dire, vous serez surpris par la tournure que ça va prendre !

Bien à vous,

Malika H.

Rédigé par Malika Hess

Publié dans #Extraits

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Polhansson 12/08/2014 00:05

Très jolie style! Et on ressent une réelle atmosphère! Ca donne envie de sauter dans le bouquin ;)
Bravo