"Mon Âme Vendue" Extrait N°5

Publié le 24 Août 2014

Dernier extrait pour "Mon Âme Vendue", tiré du chapitre 9, dans lequel une nouvelle mission l'attend...

Enjoy !

– Connor ! Il y a une personne qu’il faut que tu tues !
– Non, il faut que tu l’arrêtes ! intervient Gabriel.
Je roule des yeux, baisse les épaules et soupire, blasé.
– Oh ça y est, qu’est-ce que vous voulez ?
– Sacha Mirkova ! C’est un conspirateur de la mafia russe ! Je veux que tu l’élimines, me dit Altaz.
– Non, tu dois le dénoncer !
– Dénoncer ou assassiner ? dis-je en attrapant mon portefeuilles. Il n’y a qu’une seule manière de connaître la réponse.
Je prends une pièce de 50 centimes et la lance du bout de mon pouce. J’observe la pièce tournoyer sur elle-même, avant de la réceptionner d’une main et l’écraser sur le dos de l’autre.
Le résultat me laisse indifférent. De toute manière, mes deux récompenses sont alléchantes.
– Et il est où, votre Sacha ? demande-je en gardant les yeux braqués sur ma pièce.
– En Russie, répondent-ils en chœur.
Je ne lève que les yeux, pas la tête, et regarde ma vue panoramique sur New-York. Comme si les buildings me saluaient.
J’ai souvent voyagé… j’aime voyager…
Un sourire malicieux s’étire sur mes lèvres.
– Alors on part en Russie.
– Le prochain vol, j’y tiens, intervient Altaz.

Je me retrouve dans un avion, dans une place en première classe. J’ai eu beaucoup de mal à l’aéroport, avec mon look, en tout cas. J’ai eu droit à deux fouilles corporelles. Mais maintenant que je suis dans le ciel, au calme, je ne peux que profiter de ce luxe que j’ignorais pouvoir me permettre un jour – surtout avec le misérable salaire que m’accordait Kendie.
Flûte de champagne à la main, j’observe la vue étendue sur un désert de large mousse saumon et indigo sous le soleil couchant. Mon regard est perdu, je n’ai de toute façon rien à regarder.
– Y’a des gens qui sont persuadés que vous êtes là, pense-je.
– On est là, me contrarie Gabriel. ‘faut juste croire en nous et tu nous verras.
Altaz éclate de rire.
– Tu es fragile, mon pauvre ami ! Vous êtes aussi présents que la compassion dans une explosion nucléaire !
– Nous sommes autant là que toi.
– Vous, les anges, vous gardez les hommes, tandis que nous, les démons, nous naissons et vivons en eux !
– Votre conversation me fatigue, dis-je. Vous êtes autant présents les uns que les autres, mais que les gens croient en vous ou non, c’est leur choix. (Je m’installe sur mon siège.) Moi, en tout cas, je croyais autant en vous qu’au Lapin de Pâques. Laissez-moi tranquille, je veux me faire un film.
Et ils obtempèrent.
Sur le petit écran dans l’appuie-tête en face de moi, je sélectionne un film récent que j’étais dépité d’avoir raté au cinéma.
Une hôtesse passe avec un chariot rempli de nourriture. Le timing est parfait ! La place à côté de moi est libre. Ce vol est parfait !
– Vous désiriez quelque chose, monsieur ?
Je sors une poignée de billets de mon portefeuille et la lui tend.
– Je prends le maximum.
J’ai l’impression que je vais retrouver mon ancien corps.
L’hôtesse a dû directement retourner refaire son stock, sous les râles des passagers mécontents. J’m’en fous, aujourd’hui j’ai choisi de me faire plaisir !
Le tas de nourriture et de boissons sur le siège à côté de moi, le champagne rendu et mes yeux captivés par l’écran diffusant mon film chéri, je ne pensais pas que j’allais être si comblé !

Je suis plein ! Je me suis fait trois films d’affilé et j’en regarde un quatrième, alors que presque les deux tiers de l’avion dorment. Aussi, je me demande pourquoi chaque film que je sélectionne dure deux heures… bof, du moment qu’ils sont bons, je m’en fiche complètement !
Sauf que je n’ai pas pu voir la fin. Le sommeil que m’ont provoqué la flemmardise et la gourmandise m’a assommé. Je crois que je me suis endormi, le corps enterré sous les déchets et les miettes de mon petit plaisir accordé.
Je me réveille par une petite secousse et un bip. Un grésillement dans les haut-parleurs et une voix calme entame son message :
– Mesdames et messieurs bonjour, c’est votre pilote qui vous parle. Veuillez attacher votre ceinture, nous allons bientôt atterrir à l’aéroport de Moscou-Domodedovo. Bienvenue en Russie.
Je remarque qu’il n’y a plus une seule trace de mon exagération alimentaire de la veille. J’suis vraiment crevé ! Ici, il doit être midi, alors qu’à New-York, il doit être cinq ou six heures du mat’.
Une fois l’atterrissage – que je n’ai pas trouvé aussi amusant que le décollage – terminé, je me dépêche de sortir, me réjouissant de finir cette affaire au plus vite.
Sauf que c’est reparti : un contrôle intensif de bagages et deux fouilles corporelles ! Cette histoire d’apparences me fait rire, c’est fou comme les gens peuvent juger si bêtement !
J’aimerais tellement leur dire de faire gaffe à ces nanas sexy qu’ils laissent facilement passer, car qui sait si elles cachent dans leur estomac des petits sachets de cocaïne !
Moi je porte des vêtements noirs, quelques crânes, quelques piques et pouf, je suis dangereux !
Bref, passons… je sors et vais retirer de l’argent dans un distributeur automatique. Je prends quelques centaines de roubles, car j’en aurai grandement besoin.
– Ou se trouve le QG de Mirkova ?
– Il a construit une base en sous-sol, me dit Gabriel.
– D’accord, il est en sous-sol. Mais où ?
Un taxi s’approche quand Gabriel me souffle la réponse. J’y irai, mais il faut d’abord que je loge dans un hôtel pour la nuit. Je m’y installe et le chauffeur me regarde par-dessus son épaule.
– Bonjour, me dit-il en russe.
Et le pire…
Le pire dans cette histoire…
C’est que je lui ai répondu dans sa langue avec l’accent qui va avec.
– Bonjour, lui dis-je en russe.
Ma respiration se coupe et mon corps se fige, se paralyse. Je jette des regards autour de moi, me demandant ce qui m’arrive, comment c’est possible.
Depuis quand est-ce que je parle russe ?
Je secoue la tête pour me ressaisir quand je vois dans le regard du chauffeur que celui-ci me prend déjà pour un fou.
– J’vous emmène où ?
Je balbutie :
– À l’hôtel le plus proche, s’il vous plaît.
Je m’en contre-fiche duquel, il peut me mener à n’importe quel hôtel. De toute façon, ce n’est pas encore le luxe que je cherche.
Il hausse les épaules, l’air de se dire « c’est évident… ». Une fois qu’il s’est retourné et qu’il ait pris le volant, il prend une bouffée d’air et soupire, comme s’il allait parcourir le pays entier en compagnie d’un malade mental.
Le trajet se passe au calme et je prends ce silence comme une occasion pour exiger quelques explications aux deux fous que j’ai dans la tête.
– C’était quoi, ça ? Je ne me rappelle pas avoir lu « polyglottisme » dans le contrat !
– Ouais mais c’est ce qu’on acquiert, quand on signe un contrat avec les deux « tout », me dit Altaz.
Je finis par secouer la tête en souriant et en soupirant.
– Vous êtes des malades…

Que va faire Connor ? L'arrêter ou l'éliminer ? Réponse ici !

Pour plus d'extraits, abonnez-vous à ma newsletter !

Les extraits pour le prochain livre arriveront bientôt !

Bien à vous,

Malika H.

Rédigé par Malika Hess

Publié dans #Extraits

Repost 0
Commenter cet article