Dans la Liberté

Publié le 24 Août 2015

Dans la Liberté

Malika Hess, cette enfant de Marly qui vit à Lausanne, marche sur ses vingt ans et travaille dans un hôtel quatre étoiles d’Ouchy. A côté de ça, elle écrit aussi des romans fantastiques qu’elle édite toute seule comme une grande. 

Ses parents la battaient, son père a tué sa meilleure amie, et elle a fui. Puis a rencontré Mathias, son bel ange gardien, avec qui elle défiera l’inquiétant Roi des messagers. Non, non, nous ne parlons pas de notre invitée. Mais de son héroïne, Mélanie, dont elle raconte les aventures dans la saga «Les royaumes cachés».

Malika Hess, née à Marly, vit à Lausanne. Au seuil de ses vingt ans, elle a de l’énergie et de la gaieté à revendre. Quadrilingue et apprentie employée de commerce dans un grand hôtel d’Ouchy, elle écrit aussi. Des fantaisies héroïques, qu’elle édite sous format numérique sur la plate-forme Amazon. Faute d’éditeur, elle fait tout elle-même. L’écriture la rend heureuse, chose qui n’était pas censée lui arriver…

- Malika, comment êtes-vous venue à l’écriture de récits fantastiques?

En 2012, j’avais aimé une saga intitulée «Wings» et je suis allée à la bibliothèque avec ma meilleure amie. Or, dans le genre, je n’ai rien trouvé d’équivalent. C’étaient toujours les mêmes histoires de vampires, de loups-garous, et les mêmes histoires d’amour compliquées où le héros s’exclame: «Non, tu ne peux pas m’aimer parce que je suis trop différent!» C’est là que mon amie m’a dit: «Puisqu’elles n’existent pas, écris toi-même les histoires qui te plairont!» C’est donc ce que j’ai fait…

- Etiez-vous de ceux qui écrivent, un jour, parce qu’ils se sentent seuls?

Non, j’avais déjà eu comme une révélation en lisant les récits que la même amie, Catherine, écrivait de son côté. J’ai réalisé soudain que l’écriture permettait de tout inventer. Si j’écris, c’est pour faire partager toutes les histoires qui sortent de mon imagination.

- L’écriture, qui exige un temps fou, vous rend-elle seule à présent?

J’ai connu la solitude, mais j’ai aujourd’hui un travail, des amis et des activités qui sont de mon âge. Le temps d’écrire, pourtant, je le trouve. Je m’organise et j’ai intérêt, car je dors beaucoup. Mes amis disent d’ailleurs que je suis un vrai koala. Je pionce comme lui et j’ai son côté câlin, tactile. Bon, je ne le ferai ni avec vous, ni avec des inconnus, mais j’aime serrer mes proches et me pelotonner contre eux…

- Vous avez connu la solitude, disiez-vous, mais de quelle manière?

A l’école à Bussigny, où on avait déménagé. J’ai été mal accueillie d’entrée, puis je me suis laissé marcher dessus. Résultat: de 7 à 15 ans, j’ai été un souffre-douleur. On m’a fait beaucoup de mal et rien épargné, pas même les menaces de mort. Je le confirme: dans la cruauté, les enfants et les adolescents ne mesurent pas la portée de leurs mots et n’ont aucune retenue. Heureusement, ma famille était là. Si j’ai pu tenir le choc, c’est bien grâce à elle!

- Vos récits héroïco-féeriques sont bien jolis, mais coupés du monde réel et de ses vastes problèmes…

Je ne regarde pas le journal télévisé. Argent, crises économiques, guerres faites pour un peu de pétrole, les nouvelles sont toujours identiques et ne m’intéressent pas. J’ai été tellement déçue des autres, enfant, que j’ai besoin de garder ce qui me reste de foi dans l’humanité. Je n’ai pas envie de m’assombrir, d’autant qu’il m’est arrivé plein de bonnes choses dans la vie. Aujourd’hui, on me dit bonjour, j’ai des amis et je me retrouve sur des photos de groupe! Si on m’avait dit ça il y a six ou sept ans, je ne l’aurais pas cru…

- Si vous suivez un apprentissage d’employée de commerce dans un grand hôtel, est-ce par hasard ou parce que vous l’avez voulu?

C’est ce que je voulais! J’aime les voyages, le contact avec les gens, la découverte d’autres cultures, et l’hôtellerie vous ouvre justement tout cela. Ce métier donne aussi beaucoup de responsabilités, ce qui forge le caractère.

- A l’hôtel Mövenpick, êtes-vous en contact direct avec la clientèle?

Plus maintenant où je travaille dans les bureaux, mais je l’ai été en passant toute l’année dernière à la réception. C’était formidable. Tous les accents que j’ai entendus, déjà! Et puis, à la réception, on est comme à un poste d’observation. Les gens reconnaissants et les blasés, les optimistes et les opportunistes, les gentils et les capricieux, on voit passer tous les caractères de la nature humaine. On a même l’occasion d’apprendre de nouveaux langages auprès des clients qui parlent surtout avec les mains…

- Vous parlez, paraît-il, le japonais…

On m’a souvent dit que j’avais une certaine facilité dans les langues. Comme j’ai fini par le croire, j’ai eu envie d’apprendre une belle langue asiatique et j’ai donc choisi le japonais. Mon seul problème avec lui, aujourd’hui, c’est que j’ai peu d’occasions de le pratiquer et de l’améliorer. Mais, quand je travaillais à la réception, vous auriez dû voir la surprise de nos clients japonais quand je leur adressais quelques phrases dans leur langue. Pour eux, tout à coup, c’était la fête!

- Si un grand éditeur descendait au Mövenpick, un jour, en profiteriez-vous pour vous présenter à lui?

Non, je n’ai pas l’âme opportuniste. En revanche, si un éditeur voulait me publier, ce serait génial! Mon travail me plaît, mais je n’ai rien contre l’idée de pouvoir vivre un jour de ma passion. J’ai beaucoup d’histoires à raconter! Je tiens à les écrire et avec leurs héros charismatiques, leurs fées, leurs sorciers, elles auront tout pour plaire. A qui? Je dirais aux 16-25 ans, et même plus, car il n’y a pas d’âge pour s’évader…

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Malika Hess en ses différents royaumes

> Ce qu’elle aimerait qu’on dise d’elle: «Que je suis une fille qui égaye toujours son monde.»

> Un luxe: «Les très bons repas, car j’aime bien manger.»

> Sa plus grande gourmandise: «Le chocolat.»

> Sa ville préférée: «Paris.»

> Un endroit cher à son cœur: «C’est chez moi en Italie, enfin je veux dire chez mes grands-parents maternels, dont la maison se trouve dans les Pouilles.»

> La musique qui berce ses jours: «Michael Jackson, Audiomachine, Edith Piaf, 30 Seconds to Mars, l’«Ouverture 1812» de Tchaïkovski, et beaucoup de musiques de films…»

> La série qu’elle ne rate jamais: «Game of Thrones.»

> Des films à son goût: «Ceux du «Monde de Narnia», «Jupiter: le destin de l’univers», et d’une manière générale les Disney.»

> Un livre marquant: «C’est celui qui m’a donné envie d’écrire, c’est-à-dire le premier tome de la série «Wings», d’Aprilynne Pike.»

> Sa petite marotte de romancière: «Donner à certains personnages des prénoms que j’invente. Davem, Vellirey, Rabia…»

> Ses écrivains favoris: «Stephen King et Oliver Bowden.»

> Quelqu’un qu’elle admire: «Ma mère, qui a une grande force de caractère et est une battante.»

> Quelqu’un avec qui elle ne partirait pas en vacances: «Désolée, mais je suis du genre à aimer un peu tout le monde…»

> Un bel homme: «Il y en a tellement! Mais, pour commencer, je citerais déjà Luke Evans (l’archer dans la saga «Le Hobbit», ndlr).»

> Ce qui l’énerve au quotidien: «Les personnes sans humour. Moi qui ai l’esprit porté à la plaisanterie, il me faut sans arrêt préciser à plein de gens: «Non, je rigole…» Au bout d’un moment, forcément, ça devient lassant.»

> Ce qui la fera toujours rire: «Le sens de la repartie.»

> Ce qui l’effraie le plus: «Les requins. Déjà leur aspect, brrr…»

> Avec un gros pactole, elle ferait quoi? «Le tour du monde, parce que j’adore voyager. Et que ce soit l’avion, le train, la voiture ou même la marche, chaque moyen de déplacement m’ira!»

> Ses prochains récits: «Sortira à Noël «Goëndolia», qui se déroule dans une forêt divisée en trois cités, où la loi interdit à chaque peuple tout contact avec les deux autres. Je passerai ensuite à l’horreur, genre nouveau pour moi, avec l’histoire d’un grand réalisateur qui invite dans son manoir ses anciens camarades de classe à une fête. Et il se vengera de ce qu’ils lui avaient fait subir dans sa jeunesse…»

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Bio express

au seuil de ses vingt ans

> Née le 12 octobre 1995 à Marly.

> Fille de Jacques, entrepreneur, et de Béatrice, conseillère en décoration intérieure, a grandi à Marly, puis à Cossonay et à Bussigny.

> A trois frères, Timothy, Arthur et Heitor.

> Est célibataire et habite à Lausanne.

> Effectue un apprentissage d’employée de commerce au Mövenpick Hotel Lausanne.

> Ecrit des romans fantastiques et les édite elle-même sous format numérique.

> Titres disponibles: les deux premiers tomes de la saga «Les royaumes cachés» et «Une âme vendue».

> Parle français, italien, anglais, japonais.

Un immense merci à Pascal Bertschy (texte) et à Alain Wicht (photo) pour cette fabuleuse expérience que j'espère revivre un jour.

 

Et surtout, merci à ma famille, à mes amis et à vous, mes chers lecteurs, sans qui je n'aurais jamais pu vivre cette si belle aventure.

 

À bientôt pour plus de nouveautés ;)

 

Bien à toi,

Malika H.

Rédigé par Malika Hess

Publié dans #On parle de moi, #Mon aventure

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