"Voela" : Extrait N°5

Publié le 22 Octobre 2016

J’atteins enfin mon chez moi, et ouvre la porte si fortement que j'ai risqué de l’arracher du mur. Je me retrouve nez à nez avec mes parents, et mère me prend dans ses bras.

– Cassandra ! On a failli venir te chercher !

– Par tous les diables, que se passe-t-il ?! demande père.

– Vite ! Dans la cave ! leur souffle-je.

– Quoi ? Quoi ! s’écrie ma mère.

Je halète, tentant péniblement de reprendre mon souffle, pendant que la panique qui balaie les rues se fait entendre autour de nos murs.

– Il se passe quelque chose d’horrible !

Mère m’attrape par les épaules, morte d’inquiétude.

– Qu’y a-t-il ?

– Ils sont revenus pour nous emmener en Enfer, avec eux !

Elle s’immobilise, horrifiée, et père part ouvrir la trappe de la cave, en marchant avec sa canne.

– Va vite réveiller ta sœur. Chérie. Dans l’armoire. Mon fusil.

Je hoche la tête, et mère court chercher l’arme.

Émilie se lève en un bond, quand je l’ai réveillée en lui sommant de me suivre. Sa confusion me fait de la peine : elle semble si déboussolée, elle ne comprend pas ce qu’il se passe, mais malgré cela, elle obtempère.

Nous nous réfugions dans la cave, dont la trappe est habituellement cachée sous le tapis du salon. Et nous nous retrouvons dans le noir total.

Les hurlements audibles me crispent le corps. J’arrache l’arme des mains de mon père, et attend juste en-dessous de la trappe.

– Que fais-tu ?

– J’attends nos invités.

Notre porte se fait soudainement défoncer ; l’horreur me coupe le souffle quand je reconnais les rugissements d’un revenant. Il semble seul, mais aussi fort que trois hommes. Il saccage tout dans notre demeure : il détruit les meubles, balance les vases et lance des objets dans tous les sens.

Même s’il est seul, et même si j’ai une arme entre les mains, je prie pour qu’il ne nous trouve pas. Mais au lieu de l’éloigner, mes prières n’ont fait que l’attirer : je l'entends approcher en titubant violemment et en martelant le sol ; je sers mon emprise sur le fusil et pince mes lèvres.

La trappe s’ouvre, voire s’envole. Et au-dessus de ma tête, la laideur incarnée nous découvre et me dégoute tant que je tire en criant de sursauts. La puissance du coup est telle que j’ai reculé d’un pas et que la tête du mort-vivant a explosé.

Rédigé par Malika Hess

Publié dans #Extraits

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